LIGNES DE FAILLE - NANCY HUSTON

LIGNES DE FAILLE - NANCY HUSTON
QUATRIEME DE COUVERTURE
A travers la vie d'une famille aux origines troubles et complexes, Nancy Huston revient sur les atrocités commises par les nazis en étalant leurs conséquences sur soixante années d'histoire contemporaine, des Etats-Unis à l'Allemagne, en passant par le Canada et Israël. Elle nous invite à remonter le temps, à suivre la "ligne de faille" qui a creusé son empreinte dans cette famille, inexorablement depuis des générations.

EXTRAIT
Bien sûr le repas est impossible pour moi mais, grâce au fait que papa est déjà en Europe et ne peut pas la critiquer, maman m'a préparé un sac avec toutes sortes de choses molles à grignoter. Chaque fois que j'en ai envie, je mets la main dans le sac et en retire quelque chose, un sandwich au beurre d'arachide, un bout de fromage, une banane, je les glisse entre mes lèvres et les fait fondre contre mes gencives, [... ]

MES IMPRESSIONS
Un voyage en forme d'arbre généalogique en quatre parties, qui commence par la narration d'un garçon de six ans dans une Amérique d'aujourd'hui.
Au fur à mesure que l'on s'imprègne de l'histoire, le rire (des pensées de l'enfant) fait place à l'émotion (de celle de l'aïeule).

# Posté le lundi 02 juin 2008 03:51

Modifié le vendredi 02 octobre 2009 05:09

HYLAND MARIA J. - LE VOYAGE DE LOU

HYLAND MARIA J. - LE VOYAGE DE LOU
RESUME
Issue d'une famille défavorisée de Sydney, Louise Connor, une adolescente de seize ans surdouée et mal dans sa peau, a la chance inespérée de pouvoir, dans le cadre d'un programme d'échanges scolaires, passer sa dernière année de lycée aux Etats-Unis, dans une banlieue aisée de Chicago. Lou compte sur ce séjour pour se réinventer et commencer une vie nouvelle. Son secret espoir est de pouvoir s'inscrire dans une université américaine, afin de ne jamais avoir à retourner en Australie. Mais Lou comprend très vite que nul ne peut faire brutalement table rase de sa personnalité et de ses angoisses quand elle se trouve confrontée à la cruelle tyrannie des lois de l'insertion sociale édictées par les Harding, sa famille d'accueil, typiquement américaine, pétrie d'une épuisante bonne volonté doublée d'une bonne conscience confinant à la pathologie. Car, si les Harding et leurs deux enfants ne ménagent pas leurs efforts, ils ont, de fait, beaucoup de mal à accepter la différence...

EXTRAIT
Dans moins de deux heures, cet avion se posera sur l'aéroport de Chicago O'Hare. C'est l'heure du déjeuner. Le store de mon hublot est relevé : le ciel est immense et bleu, la terre marron et plate. L'hôtesse m'a apporté une boisson et un repas et sur l'écran de la télévision de bord un groupe de chrétiens est en train de parler de l'exécution récente d'un condamné à mort par injection létale, au Texas.
— C'était un chrétien, a dit une femme, un crucifix à la main.
— Pour son dernier repas, a dit un homme barbu, il a demandé une banane, une pêche et une salade avec je ne sais plus quel assaisonnement.
— Qu'il pourrisse en enfer, a dit un autre.
Je soulève le papier alu de la barquette en plastique blanc qui est sur mon plateau mais je suis incapable d'avaler quoi que ce soit.
Je me demande comment la vieille femme assise à côté de moi arrive à bourrer un petit pain de poulet tiède et à le manger alors que juste devant elle il y a l'image d'un chariot recouvert de lanières en cuir dans une chambre d'exécution.
Maintenant, on voit le quartier des condamnés à mort. Des hommes en chemise et pantalon orange sont agrippés aux barreaux de leur cellule ou étendus sur des lits étroits en train de contempler le plafond.
La vieille regarde l'écran ; elle boit.
A présent, on interviewe un homme ; ses yeux sont cachés par une bande noire pour protéger son identité.
— Il y a bien longtemps, dit-il, je travaillais dans une prison d'Etat. C'était moi qui appuyais sur le bouton.
Le journaliste lui demande s'il a toujours été certain de la culpabilité de ceux qu'il contribuait à tuer. L'homme détourne les yeux. “Oui, aussi sûr qu'on peut l'être, en tout cas.” Puis, après un silence embarrassé : “Oui, certain. La plupart du temps.”
La vieille finit son petit pain au poulet. “Bon débarras, dit-elle. ¼il pour ½il.”
Pour m'empêcher de hurler, je compte les petits pois qu'elle a laissés sur son plateau et je me mets à leur donner des noms.
— Et vous, vous en faites quoi des ordures dans votre pays ? demande-t-elle.
— Poubelle.
Paula, Patrick, Patricia, Pénélope, Paul, Pilar.
— Hein ?
— On les jette à la poubelle. Ça nourrit les chats et les oiseaux.
Elle fait “Oh” et puis se tait. Je sais qu'elle serait ravie d'assister à une exécution, d'être là, derrière la vitre, à regarder pendant qu'on enfonce l'aiguille dans le bras de quelqu'un.
— Vous venez en Amérique pour faire des études ? interroge-t-elle.
— Oui, je fais partie d'un programme d'échange.
Je regarde ailleurs.


MES IMPRESSIONS
La complexité du personnage de Lou se profile à travers tous les regards des personnes qu'elle rencontre. Idéaliste, elle déforme sa vision de la réalité lors de son voyage initiatique. Un voyage en elle-même, où ressortent les épisodes de son passé en résonance à son parcours dans le présent. Elle jongle entre destruction, reconstruction et rédemption au fil de ses relations...
Il émane de cet ouvrage des sujets d'une grande importance : le rapport à la drogue, à l'alcool chez les adolescents, l'expérience vécue et rêvée, l'excès et la construction qui donne un sens à sa vie.

Un très bel ouvrage sur l'adolescence passant par différentes tonalités, pathétique, ironique, nostalgique...


# Posté le jeudi 06 novembre 2008 04:07

Modifié le jeudi 01 octobre 2009 08:12

MILLE SOLEILS SPLENDIDES – KHALED HOSSEINI

MILLE SOLEILS SPLENDIDES – KHALED HOSSEINI
QUATRIEME DE COUVERTURE
Même avant l'arrivée des talibans au pouvoir, la vie des femmes en Afghanistan ne ressemblait pas à un paradis. Aux yeux de son mari et de tous les hommes, Mariam est une fautive : elle n'a pas eu de fils ! L'arrivée d'une deuxième épouse, dix-huit ans après son propre mariage, lui ouvre bientôt une fenêtre sur l'espoir. Auront-elles le cran de fuir leur despote ? Khaled Hosseini prend appui sur ce sujet romanesque pour critiquer la société afghane enfermée dans un carcan traditionaliste.

EXTRAIT
«Quelle idiote tu fais! Tu crois qu'il tient à toi et que tu seras la bienvenue chez lui ? Tu crois qu'il te considère comme sa fille ? Qu'il va t'accueillir dans sa maison ? Laisse-moi te dire une chose : le c½ur d'un homme n'est jamais beau à voir, Mariam. Ce n'est pas comme le ventre d'une femme. Il ne saigne pas, il ne s'élargit pas pour te faire de la place. Je suis la seule à t'aimer. Tu n'as que moi au monde, Mariam, et quand je serai partie tu n'auras plus rien. Plus rien, tu m'entends ? D'ailleurs, toi-même tu n'es rien, ma fille ! »

MES IMPRESSIONS
Ce deuxième roman de Hosseini s'intéresse aux destins de femmes afghanes, prisonnières des traditions ancestrales et des interdits religieux, des années 1970 à nos jours. Ces destinées se croisent ; venues de milieux différents, ces femmes aboutissent au même endroit sous l'emprise de l'homme et sa cruauté machiste. Le tableau est assombri par le ravage de la guerre, la misère et la destruction qui en résulte, mais il reste une place pour l'amour, la compassion, l'espoir et la persévérance. La femme ici, est le symbole du courage malgré la soumission obligatoire.

Un roman émouvant rappelant, entre autre, l'histoire malheureuse de l'Afghanistan et des différentes prises de pouvoir sous couvert des gouvernements américains (talibans) ou russes (moudjahidins) sur la scène géopolitique (le grand échiquier dont les pions sont les populations du monde).

Le monstre de violence ne vient que du profit, du pouvoir et des joutes d'égocentriques. Une bonne manière d'ouvrir les yeux sur le jeu des grandes nations (G8).

# Posté le mercredi 09 septembre 2009 03:52

Modifié le jeudi 01 octobre 2009 05:53

L'ATTRAPE-C¼URS – J.D. SALINGER

L’ATTRAPE-C¼URS – J.D. SALINGER
QUATRIEME DE COUVERTURE
Phénomène littéraire sans équivalent depuis les années 50, J.D. Salinger reste le plus mystérieux des écrivains contemporains et son chef d'½uvre, L'attrape-coeurs , roman de l'adolescence le plus lu dans le monde entier, est l'histoire d'une fugue , celle d'un garçon de la bourgeoisie new-yorkaise chassé de son collège trois jours avant Noël, qui n'ose pas rentrer chez lui et affronter ses parents. Trois jours de vagabondage et d'aventures cocasses, sordides ou émouvantes, d'incertitude et d'anxiété, à la recherche de soi-même et des autres. L'histoire éternelle d'un gosse perdu qui cherche des raisons de vivre dans un monde hostile et corrompu.

EXTRAIT
« On sait jamais si les filles elles veulent vraiment qu'on arrête ou si elles ont juste une frousse terrible, ou si elles vous disent pour que, si vous continuez, ce soit votre faute et pas la leur. En tout cas, moi j'arrête. »

MES IMPRESSIONS
Un très bel ouvrage traitant de l'adolescence dans son état « brut », son fonctionnement et les sentiments qu'il en découle. Car, c'est certainement la compréhension de la vie et du monde qui entoure le narrateur et l'amène à être si déçu.
Le spontané Holden est très attachant. Il décrit (avec un langage argotique) l'absurdité de la société de perdition et ses valeurs perverties par le sexe et l'argent.
On passe du sarcasme méprisant du début à la bonne âme tourmentée au fil du texte. Mais, on ne lâche jamais la souffrance et l'humanité de cette adolescence. Le désenchantement de sortir de l'enfance pure.
Alors, ne serait-ce pas l'intelligence de l'adolescence qui refuse simplement cette adaptation à la société trouble ? Et finalement se jette dans le désespoir de cette noirceur, cet avenir d'adulte méprisable, perverti que tout être doit devenir.
Seules les âmes sensibles auraient une adolescence difficile ?
Cela amène de belles réflexions et en tant que parent, je trouve que le contenu de cet ouvrage est philosophiquement intéressant... Je comprends tout à fait qu'il soit qualifié comme tel !


# Posté le mercredi 09 septembre 2009 03:50

Modifié le jeudi 01 octobre 2009 05:54