Un vieil écrivain, Shunsuké, est fasciné par la beauté exceptionnelle de Yûichi, un jeune homosexuel. Shunsuké, dont l'œuvre est connue, mais déjà achevée, a consacré toute sa vie à l'esprit et à la création. En Yûichi, c'est la liberté du corps, l'esthétique réduite à sa pure apparence physique et à la jouissance immédiate, que le romancier découvre. Yûichi, conscient de sa sexualité, hésite à épouser Yasuko, dont l'écrivain est amoureux. Il se confie au vieillard qui, au terme d'un pacte diabolique, l'incite à se marier. Shunsuké pourra dès lors manipuler le jeune homme comme une marionnette, comme un personnage incarné d'un roman qu'il n'écrira jamais. Sa misogynie déclarée, sa rancœur à l'égard des femmes qui l'ont fait souffrir durant toute sa vie trouvent ainsi un cruel assouvissement. Mais c'est compter sans l'intervention d'autres manipulateurs et surtout croire qu'il peut lui-même échapper à la séduction de Yûichi.
EXTRAITS
« Dans le monde de la réalité, il n'y a qu'une accumulation hétérogène d'êtres humains, d'hommes, de femmes, d'amants, de familles... Mais le monde de l'expression est symbolisé par l'humanité, la virilité, la féminité, ce qui rend un amant digne de l'être, ce qui constitue l'essence d'une famille... »
« Lorsqu'il avait vu émerger entre les vagues un jeune homme pourvu de tout ce qui avait été interdit à sa propre jeunesse, un beau garçon qui n'aimait pas du tout les femmes, Shunsuké Hinoki avait constaté que le moule de sa jeunesse malheureuse avait laissé apparaître une surprenante statue. S'incarnant dans ce jeune homme à la chair marmoréenne, la jeunesse de Shunsuké avait aussitôt perdu toute crainte envers la vie. [...] Shunsuké avait alors tenté de créer une œuvre d'art idéale, telle que, de toute sa vie, il n'avait pu en concevoir. Une oeuvre d'art, suprêmement paradoxale, défiant l'esprit au moyen du corps et défiant l'art au moyen de la vie. »
MES IMPRESSIONS
En cours de lecture (45/495 pages).